Concernant l’École du futur, M. Henrique Dias Mendes, dans un article admirablement étayé, émet de sérieuses objections tout en éclairant nos propres interrogations. En effet, pourquoi cette précipitation du Conseil communal actuel du Chenit pour ratifier un projet contestable et impopulaire ? On sait par expérience que de grandes structures scolaires, difficilement contrôlables, favorisent les incivilités, le harcèlement, les abus de pouvoir d’une faction d’élèves au détriment des plus timides et vulnérables. Les écoles privées, qui gardent un prestige inégalé auprès de la population, ne misent pas sur le luxe des locaux mais sur la qualité des enseignants et le maintien des traditions pédagogiques qui ont fait leurs preuves jusqu’à ce jour. Quant au vieux collège de L’Orient, déserté, il sera mis en vente. Ainsi, ce témoin d’une autre époque dont les murs gardent encore l’empreinte des générations passées et de leur scolarisation exemplaire, disparaîtra à jamais de la mémoire collective.
Nous ne sommes pas les seuls à nous confronter au gigantisme de projets territoriaux. Ainsi, à Yvonand, lors d’une séance du Conseil communal, des voix se sont élevées contre le projet d’agrandissement du site scolaire « En Brit » jugé disproportionné et nuisible à l’environnement. Parallèlement, une association a été créée, s’opposant fermement à sa réalisation.
Durant la période électorale, on nous a promis la promiscuité du pouvoir et des citoyens. En fait, nous édiles cèdent aux sirènes d’un économie avide de marchés et d’une industrialisation à marche forcée.
Danielle Berger
L’Orient