45 millions de francs engagés, deux Conseils communaux privés de débat et des futurs élus mis devant le fait accompli : la décision du Chenit soulève de sérieuses questions démocratiques.
Le 5 octobre 2026, le Conseil communal du Chenit a validé un crédit de construction de plus de 45 millions de francs pour la première phase de l’École du futur. Un investissement majeur, qui engagera durablement les finances publiques et l’avenir de La Vallée de Joux. Mais pourquoi prendre une décision aussi lourde alors qu’il ne reste qu’environ trois mois à l’actuel Conseil communal ? Pourquoi ne pas laisser les futures autorités, qui devront assumer les conséquences de cet engagement, se prononcer à leur tour ?
Plus préoccupant encore, les deux autres Conseils communaux n’ont pas pu se prononcer sur ce projet avant ce vote. Comment prétendre construire un avenir commun si une décision de cette ampleur est prise sans que les trois communes aient pu pleinement participer au débat ?
Les opposants à la fusion, notamment autour du mouvement « Pour les 3 communes », ont toujours souligné l’importance de la proximité démocratique, de l’autonomie locale et du respect des intérêts de chaque village. Cette décision illustre précisément les risques d’une centralisation qui réduit la place accordée aux différentes voix de La Vallée.
Que vont devenir les bâtiments scolaires actuels ? Les différents propriétaires de ces bâtiments ont-ils été concertés afin de planifier l’avenir de ces structures ?
Personne ne conteste la nécessité d’offrir aux enfants des infrastructures scolaires de qualité. Mais un projet utile ne justifie pas de négliger le calendrier politique, la concertation et la légitimité des décisions.
Pourquoi ne pas avoir attendu quelques mois pour permettre aux nouvelles autorités de débattre et d’assumer pleinement un engagement aussi considérable ?
Construire l’école de demain est une ambition légitime. Mais construire la confiance démocratique l’est tout autant. Un investissement de cette ampleur mérite une décision concertée, transparente et portée par des autorités qui pourront en assumer pleinement la responsabilité.
Le progrès ne doit pas se faire au détriment du débat démocratique.
Henrique Dias Mendes