Ce que le comité d’initiative demande, ce n’est pas du luxe. C’est simplement de reconnaître que quelque travail que ce soit mérite un salaire digne. Il n’est pas acceptable qu’en 2026, des personnes qui travaillent à 100% ne puissent pas couvrir leurs charges et doivent demander des aides sociales pour boucler les fins de mois. C’est faire reposer une part des charges salariales du secteur privé sur l’État.
Le Conseil d’État, s’inspirant des attaques récentes au niveau fédéral contre les salaires minimaux cantonaux, a proposé un contre-projet qui manque clairement sa cible en proposant de ne pas intégrer au salaire minimum les salariées et salariés des branches économiques couvertes par une Convention collective de travail (CCT). De fait, le gouvernement vaudois crée deux catégories de travailleuses et de travailleurs dans ce canton.
Quelle crédibilité notre Canton aurait, si un salaire minimal était fixé à 23.00 CHF/h brut pour tout le monde mais pas pour les personnes au bénéfice d’une CCT ? Pas pour les personnes qui, par exemple, nettoient les bureaux des administrations ? Celles-ci, parce que ce sont très majoritairement des femmes, continueraient à gagner 20.72 CHF/h.
Si ce contre-projet est accepté, le gouvernement vaudois va donc définir chaque année un salaire minimum pour vivre dignement dans le Canton de Vaud et, en parallèle, l’État attribuera des mandats à des entreprises privées, au sein desquelles des salariées et des salariés gagneront moins que le salaire minimum cantonal.
C’est absurde et c’est inacceptable pour les travailleuses et les travailleurs précaires. Rappelons que 10% des salariées et des salariés dans le Canton gagnent moins de 3’930 CHF/mois brut à 100%. Ils et elles ont le droit de vivre dignement de leur travail, c’est pour cela que je vous encourage à cocher 2x oui au salaire minimum et 1x non au contre-projet du Conseil d’État.
Sébastien Cala, Député