25 février 1966 : le cœur du village de L’Abbaye réduit en cendres

« Un cœur en cendres  » au sens figuré, voilà ce qu’on peut reprendre six décennies après, en pensant à la tristesse et l’émotion de ceux qui ont vécu ce drame, perdu des biens, qui ont dû déménager, repartir à zéro, tout en étant soutenus par tous les villageois, voire au-delà. En reparler dans le cadre de cette fête qui se prépare, c’est aussi faire acte de mémoire.

Quelques photos en disent plus que le récit de l’intervention et des réactions des autorités retrouvés dans quelques albums de villageois. Nous reprenons quelques éléments des articles de la Feuille d’avis de Lausanne et de notre Feuille régionale.

« L’émoi causé par l’incendie de L’Abbaye a été grand à la Vallée et il s’est traduit par des gestes de solidarité immédiats. 

L’incendie s’est déclaré en fin de matinée, un vent chaud et violent ce vendredi, au travers d’espaces sans cloisons anti-feu en ce temps-là. À l’origine, l’électricité a dû en être la cause dans ces volumes de galetas et de granges de bois bien secs et de poussière facilement attisées par ce vent. Près de 200 pompiers de tout le district et au-delà sont intervenus pour protéger les maisons voisines, en particulier l’hôtel de Ville et le voisinage plus près du lac. En moins de 2 heures, les ravages étaient stoppés; l’église et la Tour y avaient échappé.

Au cours de la nuit de vendredi à samedi, une dizaine de pompiers et des gendarmes sont demeurés en permanence sur les lieux de la catastrophe, afin d’intervenir au cas où le feu serait réanimé sous l’effet du vent. Un centre de premiers secours a été constitué à la cure de L’Abbaye où de vêtements n’ont cessé d’affluer. Quant aux sinistrés, ils ont passé la nuit chez des parents ou des amis, sans guère fermer l’œil, on le devine, étant encore secoués par l’émotion.

Quant aux victimes, la presse de l’époque rapportait 18 habitants sans logis et une vingtaine d’appartements entièrement détruits. Quantité de meubles se sont retrouvés à la pluie et aucune perte de bétail n’a été à déplorer.

Élan de solidarité, l’Armée du Salut organisa une soirée de chants dans ses locaux de Vallorbe – avec vente de caramels – pour laisser un beau bénéfice pour ses amis de L’Abbaye »… détail qui nous laisse encore surpris d’admiration !?! 

Souvenir disparu, il ne reste que l’espace perdu et une petite place consacrée au stationnement. Pas d’édifice, ni monument, mais une question : comment aurait-on pu réhabiliter cette disparition ? eu égard aux sentiments et aux idées de chacun, autorités, propriétaires des parcelles, assurances et autres intervenants. Cette disparition du bâti allait définitivement transformer le site en remodelant la limite Sud du cloître, qui ne sera plus inscrite dans l’environnement de ceux qui passent découvrir la Tour Aymon ou participer au culte. Ils ne peuvent imaginer la contiguïté de cette partie du bourg, comme le rappelle la photo des années 50
ci-dessus. Certes il s’agissait de très anciennes constructions, mais ce sont celles qui – selon le poète – ont le plus de personnalité et ont une âme venue des temps passés.

Pour le comité J. Reymond

↖ Embrasement spectaculaire des bâtiments et granges. Photo Paul-Louis Mouquin

↖ Le bas du village : le passage voûté se situait entre les deux bâtiments de droite. Photo collection Denise Reymond

↖ Samedi 26 février : il a plu tout le jour et le village offrait un spectacle de désolation qui n’a pas manqué d’impressionner les curieux venus de partout considérer l’étendue des dégâts.

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