On en parle : Quelle neutralité ?

Une nouvelle fois, le sujet de notre neutralité agite le landerneau politique suisse. Forte de sa suprématie au niveau national, cornaquée par le portemonnaie richement garni de son vénérable et inamovible stratège en chef, l’UDC n’a aucun scrupule, au contraire, à remuer le bâton dans la fourmilière… Allez, on y va, on veut une neutralité absolue, sans nuance, sans aucune concession, le tout acté dans la Constitution. Tout ça, et rien que ça, pour le bien du pays…

Pour le bien du pays ? Sur le papier et en théorie, c’est même alléchant, mais peut-être plus trompeur qu’il n’y paraît… C’est en tout cas ignorer avec une certaine suffisance les réalités du monde d’aujourd’hui. Les initiants clament qu’une neutralité « made in Constitution » serait le meilleur des boucliers pour protéger notre pays de tous les maux environnants. Cette vision assez étroite interroge, un tel bouclier induisant forcément une certaine forme de repli pouvant, de l’étranger, s’apparenter à de la lâcheté et de l’égoïsme. Oui la neutralité est toujours souhaitable, mais la placer dans un cadre limité et coercitif n’est pas sans risque, cela  pourrait aussi se retourner contre nous. La neutralité dans un contexte plus souple, comme nous la connaissons depuis longtemps, permet aux autorités fédérales une approche diplomatique à la fois plus globale et spécifique, selon la situation de l’époque ; c’est aussi l’affirmation d’un pragmatisme nuancé mieux perceptible de l’extérieur et tout de même encore favorable à la Suisse. 

Le sujet est d’importance, prenez donc la peine de voter !

Michel Hangartner 
Vallorbe

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