Votations du 14 juin 2026 : Mais que veut donc l’armée suisse ?

Lors de mon école de recrue l’été dernier, les cadres abordaient fréquemment un point : le manque de matériel et la désuétude de celui que nous utilisons. En effet, cela se ressentait à tous les niveaux. Nos obusiers blindés sont utilisés depuis plusieurs décennies et tombent en panne sur une base régulière, il y a trop de canonniers pour le nombre de pièces en service, les M113 sont supposés être tous à la retraite, la caserne manque de place pour loger la troupe pendant l’ER d’hiver et je ne parle pas du nouvel uniforme MBAS que nous étions censés toucher et que nous ne sommes pas sûrs de voir un jour.

Et voilà que l’armée se plaint du manque de soldats, qu’il faut restreindre l’accès au service civil. Mais pourquoi veut-elle plus de troupe alors qu’elle n’en a pas les moyens, et cela sur le dos de personnes pas motivées par la chose militaire mais qui sont utiles ailleurs dans d’autres domaines cruciaux, comme le social et l’écologie, domaines dont le parlement veut baisser le financement au profit de l’armée ? L’armée veut le beurre et l’argent du beurre alors qu’elle n’a même pas de lait.

Entre les affaires chez RUAG, le système
Patriot,
les F35 contrôlés par les États-uniens ou encore le mortier 16 (pour 2016) qui retarde, il me semble logique que l’armée doive avant tout revoir sa façon de gérer son matériel et ses acquisitions avant de vouloir augmenter ses effectifs pour que de toutes façons ils soient insuffisamment équipés. Une chose après l’autre, d’abord le matériel, ensuite éventuellement le reste. À croire que faire des compromis, ce n’est valable que sur les questions sociales, culturelles, écologistes ou éducatives…

Parce que le service civil est important et parce que l’armée est incapable de fonctionner correctement, je voterai NON le 14 juin prochain au durcissement de l’accès au service civil.

Paul Croisier
Président du PS Vallée de Joux 

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