ON EN PARLE : Peste ou choléra ?

« Pas de Suisse à 10 millions ! » Avec ce libellé percutant, l’argumentaire des initiants se déroule tel un rouleau compresseur : la situation dans notre pays devient invivable, pléthore d’étrangers, de frontaliers, saturation de voitures et de camions, autoroutes surchargées, trains encombrés, logements insuffisants, on construit à tout-va n’importe quoi, la nature est sacrifiée un peu partout, notre espace vital rétrécit à vue d’œil, etc., etc. On fonce tête baissée… Ne serait-il pas temps de réagir et de marquer un coup d’arrêt ? Cessons de faire l’autruche ! Oui, oui !

Mais… Les étrangers, pour une bonne partie, accomplissent des travaux indispensables que les Suisses ne veulent pas ou plus faire. Les frontaliers, depuis des années,  sont le poumon de notre économie industrielle et des services de santé. Vouloir drastiquement placer maintenant une limite à l’immigration économique serait un non-sens, voire une sorte de suicide ! De plus, avec une telle politique on s’éloignerait peut-être de l’Union européenne alors qu’on cherche précisément à s’en rapprocher. Une économie florissante, c’est la clé des succès de notre pays ! Alors résolument non, non !

En toute objectivité, il faut reconnaître que les arguments des pour comme ceux des contre présentent pour la plupart une pertinence certaine. Ne pouvant avoir le beurre et l’argent du beurre,  il nous appartient alors de trancher entre quasiment la peste ou le choléra… Diabolique ce dilemme car, en admettant que problèmes il y a, c’est bien à un choix de société relativement important auquel le peuple suisse est convié de prendre part. 

Bonne réflexion !

Michel Hangartner,
Vallorbe

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