Au bout de la tige épineuse, les pétales lumineux de la rose. Le temps d’un concert, la lecture des textes de Michel Bühler par Thierry Romanens alternée avec les musiques du monde d’Acratopège sous la dynamique direction de Christine Niggeler ont été l’une et les autres. Les douloureux témoignages des opprimés du monde blessaient l’âme : les rythmes entraînants des musiques universelles la consolaient.
Ainsi, tel un métronome oscillant entre tristesse et joie, le déroulement de la soirée a mêlé tragique et mélodique, détresse de la damnation et promesses de jubilation. Entre la cruauté accablante des opprimés et la beauté mélodique des paroles chantées, récits et musiques ont soufflé le chaud et le froid dans l’église du Lieu.
Ce concept hybride a formidablement réussi l’impossible pari de marier la création artistique jubilatoire avec la dénonciation dramatique, de consoler les larmes par la musique, d’offrir des chants d’espérance contre des soupirs de souffrance.
Une telle soirée a clamé l’espoir que l’art musical a le pouvoir et la force d’affronter et consoler le malheur de trop nombreuses épreuves tragiques subies aujourd’hui encore par une multitude de frères et sœurs humains.
Grâce et par la musique, ce concert a su transfuser au public la force quasi métaphysique de la communion humaine par les chants et les instruments : l’exaltation unanime au terme de ce concert exceptionnel en a été la démonstration évidente.
En dépit des tourments et tragédies de l’humanité, les arts, qu’ils soient musicaux, chorégraphiques, littéraires, picturaux, cinématographiques, toutes créations de mille et une façons confondues, démontrent que toute vie humaine est digne d’être vécue et qu’elle vaudrait bien moins sans les artistes. Les arts : un rempart dressé contre la déshumanisation.
Merci aux chanteurs et musiciens pour le généreux et magnifique partage de leur énergie jubilatoire !
Merci à la Société de développement du Séchey d’avoir invité Acratopège pour offrir ce rare moment de communion.
JPJ