PDRZA – Commission consultative

Il y a quelques semaines, j’ai reçu une invitation de la Présidente du Conseil communal pour participer à une Commission consultative, en tant qu’ancien membre et rapporteur de la Commission ad hoc du Préavis N°10/2024.

Après avoir posé quelques questions, notamment sur le déroulement et la représentation de cette commission, au moment de mon inscription, j’ai émis auprès des autorités plusieurs doutes et réserves. 

Ces doutes concernaient l’accélération soudaine et surprenante du calendrier, le but et l’organisation de cette commission ainsi que sa représentation, l’apparition tout aussi soudaine de nombreux articles dans La Feuille sur la mobilité, sujet ô combien sensible de toute la campagne de l’été dernier lors du référendum.

Alors qu’à mes yeux toute la matière était entre les mains des autorités exécutives pour retravailler le PDRZA (recommandations de la Commission ad hoc, articles de La Feuille et sur le site du Comités référendaires, flyers de groupes de riverains, courriers des lecteurs, etc.), je me suis toutefois rendu à la 1re séance qui s’est tenue à L’Abbaye le 10 février. 

Là, il nous a été demandé de préciser ce que la population avait voulu dire au travers du vote. Ne me sentant personnellement pas légitime à représenter les 1294 citoyens·nes ayant rejeté le PDRZA dans la commune du Chenit, encore moins en ce qui concerne les 2 autres communes, je me suis contenté de répéter ce qu’à l’unanimité la Commission ad hoc avait en son temps dit et écrit (territoire, trafic, ressources).

J’ai retenu cependant que de nombreuses personnes des groupes de travail émettaient le postulat que la méthodologie devait évoluer, soit que les potentialités d’extension par rapport au territoire devaient déterminer les possibilités de zones industrielles et non le contraire (les autorités veulent 4’000 emplois, il faut ensuite trouver les endroits où les mettre), que les problèmes de mobilité et de qualité de vie étaient primordiaux et enfin que les ressources (sols, eau, etc.) devaient être mieux prises en compte.

Lors de la seconde séance, tenue le 5 mars 2026 au Lieu, le bureau URBAPLAN, mandaté par les autorités, a présenté ses premières synthèses tirées de la séance de février. 

En préambule, le bureau a posé quelques règles et expliqué les filtres utilisés pour présenter leurs futures propositions. Premièrement, qu’il faut répondre au besoin de l’économie. Ensuite que la mobilité n’était prise en compte que de manière très locale (accès aux parcelles), les grands problèmes de trafic étant gérés quant à eux au niveau supérieur avec l’imminente création de plusieurs liaisons transfrontalières routières et ferroviaires et qu’enfin pour les ressources plusieurs rapports traitaient déjà de la gestion de l’eau, de sa distribution, etc. 

Ainsi j’ai découvert que toute l’analyse, et donc potentiellement les choix qui vont être effectués par les autorités (ces dernières ont mis fin au travail de la commission à l’issue de cette seconde séance), maintient la même méthodologie, écarte les problèmes de mobilité et balaie les soucis de ressources.

Les craintes émises par les représentants de l’ex-Comité « un PDRZA à revoir » (voir La Feuille 26.02.2026), ainsi que celles que j’avais émises en répondant à l’invitation, se sont donc globalement réalisées.

À ce stade, ma participation à cette Commission consultative ne signifie en aucun cas que je cautionne les choix et décisions que les autorités s’apprêtent à prendre pour le futur PDRZA.

Ma grande inquiétude est clairement que les problèmes soulevés tant par la Commission ad hoc que par l’ex-Comité référendaire (territoire, trafic, ressources) ne soient pas traités par le nouveau projet, que le stress du calendrier pousse les élus à accepter en décembre ce second PDRZA et que, cerise sur le gâteau, d’ici-là le droit de référendum n’existe plus (motion C. Dubois).

J’invite toutes celles et tous ceux qui ont des inquiétudes et sont intéressés par ce sujet à venir le mercredi 18 mars à la Salle du Conseil communal du Chenit pour la séance publique.

J.-Luc Lecoultre

Membre et rapporteur de la Commission du Préavis N°10/2024

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