Semaine du 2 février 2017

Soucis de santé obligent, ce sont 8 Lapons, effectif restreint mais très homogène, qui ont chaussé leurs lattes étroites pour cette cuvée 2017. Chauffeur prévoyant, Pierre conduisit un minibus jusqu’à Modane où l’on retrouva notre guide Louis, expert en génépi… Nous y dégustâmes un excellent risotto, concocté par un cuisinier italien. Puis arrêt obligé à la maison penchée, avant de franchir les 13 km du tunnel du Fréjus. Bref passage sur l’Italie, franchissement du Montgenèvre, retour en France, et en route pour la jolie vallée de la Clarée, italienne encore au début du 18e siècle. Nous aboutîmes à Névache, qui signifie vallée enneigée, et où la couche atteignait ~15 cm à 1600 m d’altitude… L’épaisseur ne dépassait guère 50 cm à 2000 m! Le gîte des Mélézets, joli chalet, nous offrit son hospitalité familiale, celle d’un jeune couple avec deux fillettes. Accueil chaleureux, mais chuchotements recommandés à partir de 21 heures; cuisine régionale intéressante, dont un excellent gratin de courge et légumes… Avec rouge et rosé à volonté qui n’occasionnèrent aucun mal de caillou! En ce dimanche 22 janvier vers 16h, la grande majorité ne tâta pas de la piste mais partit à pied découvrir les ruelles et tavernes de la Ville Haute…

Le lundi matin, nous gravîmes le col de l’Echelle (~1800 m) et poursuivîmes, sur des pistes impeccables, afin de voir du côté de la Vallée Etroite, en-dessus de Bardonèche. Après un agréable pique-nique au soleil sur la terrasse de notre gîte, un parcours à la sauce Louis nous fit grimper parmi les pins de Montgenèvre au sommet du téléski des Anges, puis redescendre à bonne allure sur un chemin piétonnier! Peu après, un Lapon concertiste des Charbonnières nous rejoignit. Obéissant à son GPS, il a failli escalader en grande première la face nord du col de l’Echelle, mais opta finalement pour le Montgenèvre. Malgré un genou en délicatesse, il fut vite dans le bain, se risquant même à quelques pas de patinage…

Le mardi, l’équipe au complet gagna la Fruitière, jolie auberge rustique à 7 km de Névache. Une épaisse soupe aux pois suivie d’une copieuse omelette, avec liquide approprié, eurent le don de nous mettre en voix. Ce qui suscita les applaudissements des autres randonneurs… S’en suivit une balade digestive de 3 km, à plus de 2000 m, puis une longue descente jusqu’à la Ville Haute, où trône l’église bâtie sur les vestiges d’un château.

Mercredi, jour de transition: après un peu de tâtonnement, nous découvrîmes le domaine nordique de Puy-Saint-Vincent, très exigeant, où d’énormes bâtiments témoignent du fort développement du ski alpin. Dans l’après-midi, arrêt à Briançon; nous visitâmes le joli musée-office du tourisme, au pied de la gargouille; la faune de la région des Ecrins y est fort bien présentée, et la flore locale n’est pas en reste avec, en particulier, un gros arbre cerclé mal placé sur une aire de parking sur les hauts de cette vieille cité fortifiée, la plus haute d’Europe (1200 à 1300 m)…Ensuite, prise de cantonnements au Laus, gîte-hôtel de l’Arpelin, au pied de l’Izoard. Espace vital un peu restreint dans nos deux chambrées, mais belle ambiance au repas du soir: le petit choeur des Lapons échangea vocalement avec une équipe d’Aix-en-Provence, menée par un délicieux chanteur d’opérettes! L’accorte patronne délaissa même son gros chien du regard pour apprécier les intervenants… Cuisine excellente, où le bleu du Queyras et le gigot d’agneau décrochèrent la palme. Petit-déjeuner frugal (Cénovis de Roger bienvenu) et thé en sachets fort précieux pour nos thermos…

Le jeudi fut consacré à l’ascension de l’Izoard, col à 2360 m, sur des pistes excellentes, comme les conditions. Puis repas chaud et copieux au refuge Napoléon, 70 m plus bas. Belle descente de 11 km et virées à bien plaire au Laus, avant quelques parties de cartes, où certains élèves battirent les maîtres, n’est-ce pas Willy et Dédé? Vendredi nous vit attaquer, à pied et face à un vent glacial, la grimpée de Cervière jusqu’à ses Fonts. Sur les hauts, vers 1900 m, piste et paysage de rêve par vent calme… Succession de petits hameaux aux maisons de pierres apparentes, avec du bois aux étages, sous des toits de tôle très pentus. Parcours plaisant le long du torrent partiellement gelé. A 2035 m, halte dans un joli refuge où Gérard s’empressa d’allumer le fourneau. Louis sortit le pique-nique et son inévitable génépi… Superbe descente à ski sur l’autre rive et trois derniers kilomètres sur la route pour finir cette belle étape.

A relever pour terminer les inamovibles apéros du soir, avec des breuvages de nos coteaux, où les rires fusèrent souvent. Quelques Lapons natifs du Brassus ont actionné les zygomatiques de la troupe avec des histoires impliquant Yan-Yan, un célèbre transporteur à grosse cylindrée, et j’en passe… Retour sans problème le samedi par le tunnel du Fréjus et repas sans bourse délier avant Annecy, notre caissier Gilbert ayant fait de puissantes économies sur les forfaits!

Herbé

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