Compagnie du Clédar : 40 ans d’aventures théâtrales

La dernière conférence de la saison 2025-26 de Connaissance 3 - Vallée de Joux a été consacrée à une institution qui marque le paysage culturel de la Vallée depuis quarante ans. C’est de la Compagnie du Clédar qu’il s’agit et ce sont deux acteurs, Claude Crausaz et Georges-Henri Dépraz, qui sont venus en retracer l’histoire le 9 mars dernier. Leur présentation était émaillée d’anecdotes qui de toute évidence évoquaient des souvenirs parmi le nombreux public.

La naissance du Clédar remonte à un cours de théâtre donné à la Vallée par le metteur en scène Gérard Demierre en 1985. Cette occasion révélait le talent de nombreux combiers comédiens amateurs et fit germer un projet théâtral.
Celui-ci prit d’emblée un tour original et six principes fondateurs furent adoptés dès le départ pour en tracer les contours :

– La Compagnie du Clédar monterait des spectacles en été, toujours à la Vallée.
– Les spectacles auraient lieu une année sur deux.
– Le choix de lieux insolites, chaque fois différents, ferait partie de l’aventure.
– Le répertoire serait varié et ne se cantonnerait pas à un seul genre.
– Les comédiens seraient tous amateurs…

… mais on aurait recours à des professionnels des métiers du spectacle autres que celui d’acteur (mise en scène, costumes, décors), sans compter le travail d’auteurs d’adaptations de textes et d’œuvres originales.

Quarante ans plus tard, on admire la façon dont le projet a été mené à bien à tous points de vue. Le répertoire est allé de Feydeau à Jean Genet et Fernando Arrabal, en passant par Shakespeare. Des textes inédits ont été joués, comme Le rêve d’Anton, adaptation tirée de divers personnages de Tchekhov, ou encore L’lllustre Théâtre de Monsieur Molière. Des écrivains actuels ont souvent été mis à contribution et sont devenus des amis du Clédar. On notera d’ailleurs que tous les auteurs vivants joués par la Compagnie ont été accueillis à la Vallée. Quant aux lieux improbables, la Vallée n’en manque pas et les scénographes les ont utilisés avec beaucoup d’ingéniosité. Il est même arrivé qu’on joue dans une vraie salle de spectacle (le Casino du Brassus), métamorphosé en théâtre Nô pour accueillir le Roi Lear. L’aménagement de ces scènes hors normes a été rendu possible par l’engagement de nombreux bénévoles talentueux. Pour ces tâches et bien d’autres, le bénévolat de très nombreuses personnes venues de toute la Vallée était indispensable.

Les deux représentants du Clédar l’ont souligné, il ne s’agissait pas de revisiter le passé dans un esprit nostalgique. Car la Compagnie regarde vers les créations à venir ainsi que les jeunes générations de passionnés de théâtre. Nul doute que le Clédar a encore bien d’autres tours dans son sac.

Connaissance 3

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