Les ordres monastiques – fondamentaux de l’éclosion culturelle européenne

Au XIIe siècle L’abbaye du lac de Joux était déjà une épingle sur la carte de l’Europe par le réseau des établissements prémontrés en constitution. Ils s’étalaient de Flandre et de Picardie jusqu’en Provence.  D’autres écoles religieuses/mouvements (presque concurrents dans la doctrine) allaient grandement renforcer ce rayonnement, à la fois par les voies de communication qu’avec des constructions à l’architecture remarquable et ce d’une manière encore plus marquante que les chanoines qui suivirent Saint Norbert dans le nord de la France.

↖ L’abbaye-mère de Prémontré, siège de l’Ordre, avait développé au Moyen-Âge près de 600 maisons, dont 150 abbayes rien qu’en France. Elle a temporairement servi de verrerie au XVIIIe et d’asile psychiatrique départemental.

Tentons d’en établir la liste, sur la base de nombreux documents disponibles sur internet. C’est le relevé de l’Atlas d’Histoire Vaudoise publié très récemment (éd. InFolio, Gollion) et qui les classe dans l’ordre suivant (pour notre canton), géographiquement cerné par les comtés de Bourgogne et de Gruyère, et la Savoie au bas Moyen-Âge.

Un condensé résume tant soit peu les caractéristiques de chacun, leur rayonnement et leur puissance, vraisemblablement en concurrence avec la noblesse, les alliances politiques et faveurs accordées aux plus habiles des Pères dans le recherche de sites pour de nouveaux établissements, villes, évêchés. L’implantation plus tardive de châteaux et fortifications dans les passages clés – pour tirer avantage des incontournables péages, comme à Chillon – est à considérer.

Ordres de chanoines réguliers : 

Les Prémontrés, appelés aussi Norbertins, fondateur de l’abbaye du lac de Joux. Nous y reviendrons ultérieurement. 

Les Augustins vivent avec la doctrine de la grâce. Le Saint prend sa source dans la Genèse où l’homme porte l’empreinte du péché originel et ne peut se libérer seul de la puissance des tentations. Ils sont près de 2800.

Les Chevaliers du Saint-Sépulcre, investis par les Franciscains et le Pape pour défendre les lieux saints dès 1336. Chevaliers Othon 1er de Grandson et A.de Bubenberg après la bataille de Morat.

Ordres mendiants :

Les Carmes s’inspirent du prophète Élie. Ordre fondé au XIIe siècle au Mt Carmel, compte près de 500 monastères pour près de  10’000 carmélites et 4000 hommes. 

Les Dominicains, fondé par St Dominique de Caleruega en 1215. Ont vocation de prédication de l’Évangile, la prière, l’étude intellectuelle et la vie commune. Connus pour leur rôle dans la théologie avec St Thomas d’Aquin. 

Les Ermites de Saint Augustin sont bien l’ordre le plus attaché à Saint Augustin et à la papauté.

Les Franciscains sont l’ordre mendiant le plus connu, de Saint François d’Assise. 

Les Clarisses sont un ordre contemplatif, leur vie est rythmée avant tout par la prière et le travail. elles sont héritières de Ste Claire d’Assise vers 1212.

Les Ordres bénédictins ont connu leur développement fort près de chez nous, outre Jura : 

Les Bénédictins, de Saint Benoît, ont construit leur second monastère en l’an 400 sur l’île Saint-Honorat (îles de Lérins) au large de Cannes.

Les Chartreux, dans le massif du même nom, fondé par St-Bruno en 1084, contemplatifs des plus austères, vivent coupés du monde. L’ordre compte 21 maisons, bien au-delà de la Savoie.

Les Cisterciens (de Cîteaux près de Beaune) dit de la Stricte Observance; premier ordre monastique constitué en 1098 par Bernard de Clairvaux. A joué un rôle très important en Europe puisqu’établi jusqu’en Transylvanie et s’est développé  avec 103 monastères masculins, plus 77 pour les Cisterciennes.

Les Clunisiens – également de Bourgogne – fut le plus grand édifice religieux d’Europe jusqu’à la construction de St Pierre à Rome. A été pratiquement détruit à la Révolution française.

Ordre hospitalier

Saint Jean de Jérusalem, ordre hospitalier et militaire, fondé en 1080 pour protéger les pèlerins dès la première croisade… et les suivantes vraisemblablement.

Externes aux ordres et disparus au XVesiècle déjà

Les Reclus et Recluses et les Béguines XIIIe et XIVe.

Mentionnons la primauté qu’a joué le couvent de Romainmôtier (clunisien dès 928) et les pèlerins et marchands qui ont commencé à parcourir ces voies naissantes.

L’amélioration des réseaux de communication et la curiosité que représentaient ces nouveaux édifices dans des paysages complètement agricoles, voire encore boisés, a certainement aiguisé la curiosité des rares habitants qui tentaient le voyage, malgré un analphabétisme encore fort répandu et ne pouvant compter au plus, qu’avec un cheval !

Pour le comité : JR

↖ Moine ou curé ? En termes ecclésiastiques on dira Abbé ou Prêtre et Chanoine, voire Frère (en blanc).

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