Un peintre combier expose à Crêt-Bérard

Rapportons d’abord en quelques mots l’histoire de ce lieu mythique où toute la jeunesse protestante (J.P.) 1 aura sans doute passé en ses quelque 80 ans d’âge.

↖ PA, La Maison Crêt-Bérard, dessin à la tablette graphique.

Un formidable rassemblement JP eut lieu à Lausanne en 1948 2 sous la houlette du pasteur Albert Girardet. Dans un grand élan de ferveur, il fut décidé d’ériger une maison pour la jeunesse. Le fils du pasteur lui-même, lors d’une promenade dominicale, arriva au sommet d’un mont nommé Crêt-Bérard, soit la « Colline du berger », dans les hauts de Puidoux. C’est là, s’écria-t-il. Et effectivement ce fut en cet endroit isolé mais magnifique à tous points de vue, racheté à quelque propriétaire local, que l’on établira le complexe architectural qui prendra le nom du site : Crêt-Bérard. 

Les chantiers commencèrent en 1949. L’érection des bâtiments fut naturellement le fait de professionnels, tandis que des myriades de JP s’activèrent à des travaux de manœuvre, creusages des fouilles, transports des matériaux, etc. Le complexe fut érigé en pierre de taille, celle-ci exploitée dans une carrière de Ste-Croix et offerte par son propriétaire. À ce propos il faut préciser qu’à l’époque il n’existait plus de professionnels capables de travailler la pierre et qu’on fit appel à un maître venu d’Italie qui tout aussitôt forma d’autres tailleurs à ce travail exigeant. L’effet est saisissant de découvrir aujourd’hui l’incroyable volume de cette magnifique pierre taillée, à la contempler surtout dans le pourtour du cloître par lequel on accède à une jolie petite chapelle. Le style est roman. 

Des travaux de 1983 complétèrent l’ensemble qui reste admirable, d’une part de par sa situation, proche du Mont Pèlerin et de la Tour de Gourze, avec une large vue sur les Alpes, d’autre part par sa resplendissante beauté « moyenâgeuse ». L’architecte du tout fut M. Claude Jaccottet. Le responsable actuel du complexe est M. le pasteur Alain Monnard. 

C’est en ce site que notre artiste combier, Pierre-Abraham Rochat, expose de février à avril trois séries de ses productions. 

La première consiste en ses affiches du Léman, dessinées à la main sur tablette graphique. La seconde consiste en ses tableaux de paysages de la région lémanique et du Jura, produits dans un réalisme stylisé et moderne et aux courbes élégantes. La troisième voit ses tableaux originaux composés à la plume et à l’encre de Chine.

Pour toutes ces œuvres, reprenons les propos de l’artiste : 

J’aime parcourir nos contrées à pied, à vélo ou à ski, l’œil ouvert à la magie que nous offre la nature, source infinie d’inspirations. Je cherche le trait, les formes et les couleurs qui pourront retranscrire un moment d’admiration, donner au papier le pouvoir de nous emporter dans un instant de beauté fugitive. 

On peut encore lire : 

Dans un style doux et épuré, l’artiste aime rechercher la courbe efficace, simplifier les formes jusqu’à trouver le trait qui transmet l’essence et le rythme du paysage. Il puise son inspiration dans les estampes japonaises, le monde de l’illustration et du graphisme. 

Le vernissage du 31 janvier, malgré l’éloignement de Crêt-Bérard au-dessus de Puidoux, tout relatif par ailleurs, car l’autoroute est proche, réunissait de nombreux amis de l’artiste et d’amateurs d’art. Nul doute que d’autres de ceux-ci prendront plaisir à découvrir ces œuvres, dont les originaux à la plume et à l’encre de Chine, sont parmi les plus belles réussites de notre peintre combier. 

Ainsi Crêt-Bérard, monde du recueillement et de la méditation, on est ici à l’écart de l’excitation stressante du monde, attend votre possible visite.

1 J.P. pouvant aussi signifier jeunes paroissiens 
2 5000 JP. 

RR

↖ PA, Quiétude lémanique, dessin à la tablette graphique.

↖ PA, Noirmont, dessin original à l’encre de Chine.

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