À propos du Centre d’études et de recherches prémontrées CERP

Comme le précise la publication de l’Ordre en 2021 pour son 900e anniversaire, nous profitons pour en retirer quelques passages pour renseigner le lecteur. Rares sont les institutions qui peuvent ainsi afficher neuf siècles d’existence, courageuses aussi, par leur floraison au XIIe siècle jusqu’à l’expansion actuelle dans les cinq continents. L’Ordre de Prémontré aura traversé la guerre de Cent Ans, les guerres de religion, la Révolution française, les impérialismes et anticléricalismes de Joseph II (empereur du Saint-Empire romain germanique de 1765 à 1790) et de Napoléon, les guerres mondiales et les autres totalitarismes plus récents.

Un parcours d’une grande richesse, quand bien même il faut relever que cette présence des Prémontrés à La Vallée n’a couru que sur 430 années, soit de 1126 à 1536. Il y a fort longtemps, si longtemps que la mention de l’abbaye du lac de Joux, même comme ruine, ne figure pas dans cette publication; c’est dire l’oubli… face au vent de l’Histoire.

Cependant, les chanoines Prémontré ont répondu à la curiosité de quelques Combiers intrigués par leur histoire et du comment ces moines ont parcouru nos contrées jurassiennes il y a neuf siècles, ont trouvé un endroit qui leur convenait et sont parvenus à s’y installer. Imaginons la traversée de ces grandes forêts de sapins alors que peu de passages et aucun chemin de débardage n’en facilitaient alors l’exploration. Il y avait peut-être un chemin de Saint-Claude à Romainmôtier, quelque piste de Montricher au Lac Saint-Point, quelques-uns auraient-ils cheminé par la Via Francigena de Canterbury à Rome par le col de Jougne ?

La proximité d’un trafic ecclésiastique et de pèlerins qui, bien que faible, aura certainement eu une incidence pour les moines venus s’établir au bord du Lacus Cuarnensis. Les échanges avec le siège de l’ordre ainsi que leur ravitaillement régulier étaient une préoccupation pesante.

Après cette « cabane » du premier établissement d’un tout petit ermitage, il a fallu informer les supérieurs, les convaincre du potentiel avec le ruisseau Lionnaz, sans trop insister sur les rigueurs de l’hiver. Alors la construction a pu débuter et a duré des décennies.

Mais l’expansion de l’ordre au XIIe siècle prit de l’envergure : il rayonna surtout au nord et à l’est, de l’Irlande à la Hongrie, de Rome à la Scandinavie et du Portugal à Chypre où les Croisés de Jérusalem se réfugièrent. Notons qu’il comptait trois fois moins d’établissements que celui de Cîteaux. Dans l’historique publié, on relève 70 abbayes, 90 maisons.

Convenons que Bellelay pourtant abbaye-fille de Sainte Marie-Madelaine du Lac de Joux, a connu un plus fort établissement qui a comparativement perduré, ne serait-ce que par la réputation de la Tête de moine, née à Bellelay ! Ailleurs en Suisse: Gottstatt au bord de l’Aar a été le seul établissement germanophone de Prémontré dans la circarie (province) de cette Bourgogne (alors Transjurane). 

C’est aussi la dernière abbaye des Prémontrés créée sur le territoire de l’actuelle Suisse, sans oublier Saint Lucius à Coire. S’en souvenir aujourd’hui tient presque de la gageure. Quelques bribes de ce survol ne sauraient donner une vision complète, constructive et riche des pérégrinations, de la résistance et de la spiritualité qui habitaient ces hommes. Le Saint Esprit et la Grâce qui les ont accompagnés demeurent incommensurables.

Enfin, nous remercions ici Mme Martine Plouvier, présidente du CERP à Laon pour ses informations et les abbayes de Mondaye (Calvados) et de Leffe en Belgique.

Pour le comité: JR

↖ La délégation de l’Ordre de Prémontré au 400e de la commune de L’Abbaye en 1971; à droite le préfet Paul Eugène Rochat.

↖ Les 9 vitraux de Mme Vullioud inaugurés le 10 octobre 2021, ont marqué le 450e anniversaire de la commune de L’Abbaye et renforcent l’aspect historique du village. Ici avec les délégués et membres du comité.

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