L’Abbaye, lapidation d’une pêcheuse

Les travaux de l’Association du Chemin de St. Norbert vont incessamment arriver à leur terme. D’ici quelques jours les 9 vitraux choisis et réalisés pour agrémenter cette  courte promenade historique à travers le village de L’Abbaye seront posés. 

Ils représentent les vieux métiers d’autrefois placés sous la garde de St. Norbert, fondateur de l’ordre des Prémontrés qui est aussi en quelque sorte à l’origine de l’abbaye du Lac-de-Joux, établissement religieux créé entre 1126 et 1130 environ et dédié à Ste Marie-Madeleine, patronne du lac. 

Malheureusement ces travaux ne sont même pas achevés que l’on déplore déjà, véritable drame pour notre Association, la déprédation insensée du vitrail de la pêcheuse placée au bord du lac, à l’embouchure de la Lionne et à deux pas du pont couvert. On a procédé du côté ouest, lançant violemment des cailloux, sans doute pris directement sur la plage, contre le verre de sécurité  placé de ce côté-là. Celui-ci, on peut le penser, sous l’effet du choc, à deux reprises, s’est cassé en étoile. Du fait de cette protection qui a joué son rôle,  le vitrail lui-même, compris entre deux verres de ce type, n’a heureusement pas été touché. Il n’en ressort pas moins que la réparation de ces dégâts sera complexe et d’un coût élevé. 

Ainsi des œuvres d’art peuvent être l’objet des plus sauvages manifestations d’individus pour lesquels le beau est gênant, ciblé, menacé. 

Que faut-il penser ? Qu’il n’est plus possible de placer à l’extérieur des éléments culturels ou historiques qui seront sans cesse menacés d’être détériorés ? C’est le cas avec les vitraux du Chemin de St. Norbert au vu de cet acte iconoclaste et sacrilège. Ne peut-on pas redouter pour ceux-ci un renouvellement de  ce type de comportement ?  Faut-il baisser les bras, tout enlever, faire table rase de tout projet qui tendrait à embellir un village ? 

La question est posée, ici comme en d’autres lieux.  

Toutefois  le choix pour l’heure est bien d’achever nos travaux, d’inaugurer, et même si ce sera de manière toute modeste, ce Chemin de St. Norbert. Et de le placer  sous le regard de la population de L’Abbaye qui sera sans doute très fière de posséder une telle  série de vitraux, réalisés avec talent par Anne-Lise Vullioud du Brassus. Une suite comme on n’en trouve sauf erreur nulle part ailleurs dans le canton. Il n’y a en fait pour nous de connu que la promenade de Farinet, à Saillon, qui fut, signalons-le tout de même, l’exemple à suivre pour illustrer d’une manière originale les vieux métiers de ce  village de L’Abbaye doté d’une histoire prestigieuse.  

Quant aux malandrins responsables de cette déprédation, nous espérons qu’ils se signaleront et qu’acceptant de payer le prix de leur acte, ils retrouveront quelque dignité. 

Dans cet espoir, nous nous réjouissons d’ores et déjà de vous présenter notre Chemin de
St. Norbert dans son intégralité. 

 Son président, Rémy Rochat, plus ancien du nom !    

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